Émilie - L’écologie intérieure au service de la transition écologique du territoire

Par Claire le 01/03/2022 dans Ils se sont mis en mouvement

“C’est en prenant soin de ton écologie intérieure que tu seras en capacité d’agir sur l’écologie extérieure”

Émilie fait partie du Conseil municipal de sa ville. C’est à ce titre que je la rencontre. Comme beaucoup d’élus de villes moyennes, son engagement citoyen se fait en parallèle de son occupation professionnelle.

Son métier est masseuse énergéticienne. Elle pratique dans une yourte installée au fond de son jardin. C’est là qu’elle me reçoit dans ce lieu doux et chaleureux, aux murs recouverts de tissu. Nous nous installons près du sol, sur des petits coussins. La discussion commence autour d’une tasse de thé.

Bonjour Émilie, tu es actuellement adjointe au maire de ta commune, déléguée à l’enfance, à la jeunesse et aux sports dans une municipalité qui souhaite s’engager dans la transition écologique et qui prône la démocratie participative.

Peux-tu m’en dire un peu plus sur les missions de ce mandat municipal ?

Sur ces missions, je suis en binôme avec une autre personne parce qu'on a décidé de fonctionner à deux sur toutes les thématiques abordées dans la ville. Notre délégation, c'est l'enfance et la jeunesse, c’est-à-dire tout ce qui tourne autour des écoles. Il s’agit d’être au plus près de la vie de ces établissements, donc des équipes pédagogiques (les enseignants et les directeurs d'école) et des équipes de mairie (les animateurs du service ALAE, les agents d'entretien et les agents de cantine). On gère aussi le PEDT (projet éducatif de territoire), c’est-à-dire les liens avec les associations, les actions dans l'école ou quand elle sort de ses locaux pour différentes activités, les liens entre temps scolaire et périscolaire, etc.

On a aussi la délégation aux associations sportives. Cela signifie être au plus près des personnes qui montent des associations dans notre ville, au plus près de la vie des associations. On les aide de toutes les façons possibles. Avec les grosses associations, on leur demande en retour de s'impliquer dans certains événements que la mairie organise ou de faire des interventions dans les écoles.

C’est ton premier mandat en tant qu’élue municipale. Peux-tu m’expliquer ce qui t’a amené à cet engagement ?

C’est en effet la première fois que je suis engagée dans la vie politique locale en tant qu’élue. Mais j'ai toujours été impliquée dans la vie de la commune où que je sois. Quand je suis arrivée dans cette ville, j'ai monté une AMAP parce que ça n'existait pas ici et qu'on était déjà dans ce système-là avant. J’ai aussi été très investie dans le club de sport des enfants, au comité de jumelage, et de loin en loin dans plein d'autres d'associations. C'est ma façon de vivre dans un lieu : créer du lien autour de moi.

Devenir une des élus de la ville s’est fait grâce à un collectif citoyen qui s'est créé il y a 3 ans, en 2018. Ce groupe de citoyens s’est rassemblé pour discuter des différentes thématiques qui nous préoccupaient : comment la ville pourrait être résiliente face au changement climatique ? Comment créer du lien social ? Le groupe s’est petit à petit agrandi jusqu'à atteindre une centaine de personnes. Le collectif s’est alors dit que ces thématiques semblaient répondre à une demande et qu’il y avait peut-être de quoi proposer une nouvelle vision pour la ville.

Donc des thématiques très liées à la Transition écologique et sociale

Tout à fait. Par exemple, sur ce thème de la résilience du territoire, une partie de notre projet est d’essayer de transformer les terrains encore disponibles en terrains où des maraîchers pourraient s’installer pour que la ville soit un peu plus autonome d’un point de vue alimentaire. Parce qu'on sait que c'est un des grands risques qu'il peut y avoir très rapidement. Dans une grande ville comme Toulouse, l’autonomie, c'est quelques jours, c'est dérisoire. Ça peut être dangereux. Pour la vie tout court et aussi pour la cohésion sociale. C'est vraiment une orientation de la municipalité actuelle : se préoccuper de l'alimentation localement.

Mon engagement dans le collectif a aussi été très lié à son fonctionnement qui, dès le départ, a piqué ma curiosité. C'était une nouvelle façon de fonctionner, de donner la parole à chacun, de faire vivre des outils de prise de parole, de démocratie pour prendre des décisions. Je me suis dit “On peut fonctionner autrement qu’avec les schémas très pyramidaux qui sont très présents dans la politique”. Il me semblait aussi qu'il y avait beaucoup de personnes de ce groupe qui n'étaient pas typiques des politiques imbus de leur personne, qui veulent se faire briller ou avoir une carrière. J'ai effectivement la sensation qu'on ne fait pas la même politique que la majorité des élus. On nous le renvoie d’ailleurs régulièrement depuis qu'on est en place.

Image choisie par Émilie : “Le cercle qui est selon moi le fonctionnement idéal d'un collectif : chaque personne est à égale distance du centre, en toute horizontalité"

Comment se déclinent les aspects transition écologique et résilience du territoire sur les thématiques dont tu t’occupes ?

Il y a un projet qui ne dépend pas directement de ma délégation et qui a pour objet que le maraîcher qui s’installera puisse nourrir en partie les écoles. La difficulté, c’est que, dans les écoles de la ville, les cantines ont tout pour réchauffer des barquettes, mais il n’y a pas d’équipements permettant de cuisiner. Ça, c'est un vrai projet avec des aspects financiers énormes. De manière transitoire, on a pour l'instant changé de prestataire de restauration pour en prendre un qui est plus local. Donc, ce genre de choix, ce sont des vrais choix parce que ça coûte cher à la ville, parce qu’il faut investir, faire monter les personnes en compétences, etc.

Concernant directement mes missions, il s’agit notamment d’aider les projets écologiques qui sont proposés par les écoles. Par exemple, il y a une école qui est déjà dans la labellisation Eco-école. Ils sont à fond dans le tri des déchets, dans le fait de faire le moins de photocopies possible, ils participent au Clean-up day, etc.. On les soutient au maximum. On essaye aussi d’impulser nous-mêmes des projets ou des actions en faveur de l’environnement. Récemment, j'ai proposé à des classes de faire des fresques du climat.

Et sur le volet associations sportives ?

Concernant les associations, nous signons avec chacune d’elles une convention d'objectifs. Elles s'engagent à animer la ville ou à rentrer dans des projets chers à l'équipe municipale, comme l’écologie, mais aussi sur des thématiques comme l’égalité homme-femme. De son côté, la Mairie s'engage, par exemple, à prêter des infrastructures, prêter des bus ou à communiquer sur les actions que les associations mettent en place dans ces thématiques.

J’apporte aussi une couleur qui me tient à cœur. Pour moi, la transition écologique, c'est au niveau du climat et de la nature mais pas seulement, loin de là. C'est aussi une transition humaine qu'on doit faire. Cela veut dire proposer de la méditation dans les écoles, du travail sur les émotions, des cercles philo avec les enfants, etc. Ça aussi, ça participe à la résilience du territoire. C'est vraiment quelque chose qui m'est cher de porter cette couleur plus humaine. Le changement, il viendra si on apprend à se respecter soi-même. Alors, on respectera plus les autres, on ne sera pas dans l'agression de ce qui nous entoure, y compris de la nature.

Est-ce que t’engager dans la vie politique locale s’est fait facilement ?

L'engagement dans le groupe s'est fait de façon très naturelle, comme une évidence. Je me suis dit “Vas-y, parce que si tu ne participes pas à cette aventure collective, tu le regretteras”. Au départ, le groupe n'était pas constitué en vue de se présenter aux élections municipales, ou, en tout cas, cela n'avait pas été dit et je ne l'avais pas capté ! J’étais assez active dans le collectif. De coup, quand on a décidé de présenter une liste aux élections, j’en ai fait partie. Je me suis mise vingtième, plutôt en queue de liste. C'était la première fois que je menais une campagne municipale. Comme on était nombreux, on a fait beaucoup de porte-à-porte. Rencontrer les gens, parler de ce qu'on voulait faire à des personnes qu'on n'aurait jamais rencontrées dans la vie de tous les jours, c'était super intéressant.

Le premier tour arrive et on finit en tête. Au deuxième tour, on est élu. On fait la fête. Et les jours suivants, on compte le nombre d’élus en fonction du pourcentage. 25 sont élus sur notre liste. J’en faisais donc partie. Là, tout m'a traversé, y compris me demander si je ne pouvais pas me retirer ! Mais non, je m’étais engagée et des gens m’avaient élue. Pour la parité homme-femme, je me suis retrouvée adjointe. Finalement, je me suis dit “J'y suis donc j'accepte le défi que m'envoie la vie, prenons ça comme une aventure à vivre”.

L’acceptation faite, comment se passe finalement l’aventure ?

La première année a été la mise en route et j'espérais avoir un rythme de croisière. En fait, c'est un rythme de croisière très haut ! Au début, tu es noyée par la masse de ce qu’il y a à faire. Parce que toutes les associations veulent te rencontrer, parce que tu te mets à crouler sous les mails, parce qu’il faut assimiler le fonctionnement d’une mairie. Il y a 300 agents, c'est une grosse machine ! Cette première année a été fatigante, avec des hauts et des bas, des moments chouettes où on voit qu'on avance, d’autres où on a l’impression que ça n’avance pas.

Maintenant, je commence à un peu plus maîtriser mais ça ne désemplit jamais. Mais je suis persuadée que c’est à moi d’adapter ma façon de fonctionner. Réussir à être suffisamment dans mon axe pour ne pas me vider et ne pas me perdre parce que c'est un puits sans fond.

Pourquoi ce type d’actions et pas d’autres formes d’actions ?

L'engagement politique, c'est parce que ça s'est présenté. Et juste au bas de chez moi en plus ! Et puis, ça prend tout son sens parce que c'est ta ville, c'est là où tu vis, c'est là où tes enfants vivent. Parce que faire une action pour quelque chose qui est loin, c’est plus difficile pour saisir les enjeux.  

Les autres formes d'action, par exemple les actions activistes, ça peut être une envie. Mais, en même temps, je ne suis pas sûre que ce soit moi. Je le laisse à d'autres parce qu'il y en a certains à qui ça correspond très bien. Peut-être que je le ferai une fois, notamment avec nos enfants pour leur montrer que c'est possible d'agir aussi comme ça

Sinon, l'art, le théâtre, le théâtre forum, ça m'attire beaucoup. Si j'avais l'occasion de promouvoir un nouveau récit pour qu’on puisse se projeter différemment dans l'avenir sans que ce soit dépeint comme une catastrophe, ça me plairait. Il y a 2-3 ans, je me suis mise à l'accordéon. La musique, ça me nourrit. Je m’y suis mise aussi avec l'idée que, si un jour, on n’avait plus d'électricité pour écouter de la musique, je pourrai jouer de l'accordéon !

Pour revenir au début, comment s'est passée ta prise de conscience écologique/sociale ?

Je n'ai pas eu un truc d'un coup, une dépression, en me demandant ce qui va se passer. C'est au niveau de mon écologie intérieure que ça s'est passé.

Pendant 10 ans, j'ai été éducatrice spécialisée auprès de plein de publics différents, en difficulté sociale, psychique, déficience mentale. Mais, sans m'en rendre compte, j’allais vers le burn-out. J'étais déprimée de ce métier qui ne correspondait pas du tout à l’image d'Épinal que j'en avais eu au départ. Comme un truc de survie, j'ai fait une petite formation sur le toucher juste. Je pensais que c’était du massage mais pas du tout ! C'était sur le positionnement intérieur, sur l'être. Et, en fait, là, ça a été le premier truc. Peu après, mon frère devait aller faire un remplacement d’une semaine dans une ferme mais, juste avant, il s’est cassé la main. J’ai proposé de le remplacer. Et là, le flash total  : sur la nature, les chèvres, les mains dans le lait, dans la paille, être au contact des saisons, tout ça. J’ai demandé un an de disponibilité à mon employeur pour travailler dans cette ferme. Et puis, au bout d'un an, j'ai démissionné et j'y suis restée 4 ans.

Cette période m'a nourri. J'étais tous les jours dans la nature, je passais 95 % de mon temps dehors. C'était difficile physiquement. Quand je rentrais, j'étais fatiguée mais j'avais la sensation d'avoir fait mon travail. Du coup, j'étais tranquille. J'étais dans mon corps, dans les courbatures. Je n'étais plus dans ma tête à faire des films sur des choses qui n'existent pas. J'étais beaucoup plus dans le présent. Mais, au bout de 4 ans, le fonctionnement en face-à-face avec la gestionnaire de la ferme ne m’allait plus. J’ai senti qu’il était temps pour moi de partir.

©Jeremy Provoost Phébus

Image choisie par Émilie : “Beauté de la Nature sauvage qui nous regarde"

Vers quoi t’es-tu alors dirigée ?

Je me suis tournée vers le massage. Donc renouveau, nouvelle activité, formation, puis lancement de l'entreprise. Auto-entrepreneur, ça aussi, c'était nouveau. Je n'aurais jamais cru que je ferais ça un jour dans ma vie ! Mais ça a été super fluide et naturel. Dans cette activité, j'ai été obligée de me reconnecter profondément à moi-même. J’ai aussi continué à beaucoup me connecter à la nature, avec beaucoup de balades.

Et puis est arrivé le confinement qui a rendu tangible qu’un petit truc peut enrayer tout le système dans lequel on vit, que ça peut arriver. Pourtant, ça faisait un moment que j’avais pris conscience de ce besoin de résilience. La prise de conscience écologique, j'ai l'impression que c'est depuis hyper longtemps. Mais, comme je le disais, pour moi, c’est l'écologie dans un sens très large. Une des clés, c’est l’écologie intérieure : quand tu changes ton climat intérieur, tu as un impact différent sur le climat extérieur. Du coup, ma façon de gérer ma prise de conscience, mon action, c’est d’essayer d'être congruente dans tous les endroits de ma vie, d’être alignée au maximum partout, pas uniquement dans certains aspects de ma vie.

Il est souvent difficile de parler de sa prise de conscience environnementale à ses proches. Est-ce que cela a été ton cas ?

Je n'ai pas l'impression d'avoir fait de coming-out. Je n'ai pas non plus eu la crainte de perdre des amis. Parce qu'il est vrai que, chez la plupart de nos amis, il y a une certaine conscience écologique. Je n'ai jamais eu d'accrochage sur ces sujets-là. Avec mes parents non plus mais j’évite d’en parler avec eux parce que ça leur rajoute de l’anxiété.

Je ne suis pas non plus prosélyte, je ne fais pas de pub de nos toilettes sèches par exemple ! Parce que j'ai peur de culpabiliser les gens, de donner des leçons. En fait, j'écoute les gens, pour comprendre où ils en sont, leurs freins, ce qui les empêche de réaliser ce qui se passe.

Qu’est-ce que ta mise en action a changé pour toi et autour de toi ?

Le remplissage de mon temps ! Donc, du coup, l'obligation de me poser la question de “Qu'est-ce qui est prioritaire, obligatoire à ma santé, physique, psychique, intérieure ?”. Toujours dans l’idée qu’il faut être bien avec soi-même pour être bien avec ce qui nous entoure. J'essaie, sur mon emploi du temps, de réserver des plages où je peux aller me promener régulièrement, des moments pour faire mon accordéon… Mais, ce manque de temps, je me dis aussi “Il y a des phases, comme tout, ça passe”.

Est-ce qu’il y a des choses que tu pensais indispensables à ton bonheur et dont tu réalises aujourd’hui que ça n’est pas le cas ?

Non. Là je suis bien. Je travaille chez moi, on a un jardin en plein centre-ville. C'est très confortable. Je pense que je suis attachée à ça mais je pense aussi que, si ça changeait, je trouverais des ressources pour être bien quand même. D’une manière générale, concernant ce qui est matériel, je pense que je m'adapterais.

Y a-t-il des choses que tu regrettes de ta vie passée ?

Du temps ! Mais je sais que ça reviendra. Donc, non, je ne regrette rien de ma vie d'avant.

Et qu’est-ce qui fait que pour rien au monde tu ne retournerais à ta vie d’avant ?

Le fait que je me sens beaucoup plus consciente que je n'étais avant, extrêmement vivante par tout ce que je déploie. C'est ça qui donne beaucoup de sens à ma vie. Le fait d'être de me sentir à plein d'endroits à ma place, même si j'ai des doutes. Mais les doutes, c'est un sentiment ou une émotion qui me traverse. Et ça me fait expérimenter que je suis humaine, que je suis vivante.

Je suis dans une période de ma vie où je me sens pleinement vivante et heureuse d'expérimenter mon engagement à la mairie même si ça peut être lourd parfois.

Qu’est-ce qui te met en mouvement aujourd’hui ?

Ce qui me vient à l’esprit, c'est le sens de ce que je fais, l'utilité. Mais, en réalité, c’est le fait de ressentir que je peux progresser dans ma connaissance de moi, le fait que ce soit mon cœur qui me guide plutôt que ma tête. Ce cheminement pour me rapprocher un peu plus de ma raison d'être, c'est aussi ce que je fais à la mairie. Pour l’instant, j'y trouve du sens pour moi et ça me permet d'évoluer personnellement. Parce que je suis confrontée à d'autres humains et ça n'est jamais simple de fonctionner à plusieurs. Ça me renvoie des trucs qu'il faut que je modifie. En tout cas, ça a du sens pour moi d'être là.

As-tu d’autres projets ?

Alors, à ce jour, j’ai des projets au niveau personnel parce que je me dis qu'il faut vraiment que je sois attentive à faire des choses qui nourrissent ma joie intérieure pour contrebalancer les mauvaises nouvelles. Du coup, je mets le paquet sur la musique. J'ai rejoint un orchestre. C'est tellement beau de jouer ensemble.

J’ai aussi pris la résolution d’aller une fois par mois aux bals occitans. Je trouve que danser, c'est une jolie façon d'être en lien avec les autres.

Œuvre de Barbara Mouton

Image choisie par Émilie : “Cette œuvre représente tout le soin que je donne à ma vie intérieure”

Comment imagines-tu l’avenir ?

Je ne sais pas si c’est que j'imagine l'avenir ou si je l'espère. J'ai des enfants donc j'aime l’imaginer joyeux, heureux, en paix, avec peut-être une façon de vivre plus frugale, plus raisonnée.

Et en tout cas, je l'imagine dans le lien parce que c'est à ça que je travaille à la mairie. Tout ce que j'essaie de mettre en place, c'est pour cultiver le fait que les gens prennent l'habitude d'être en lien de façon paisible. On va mettre en place des événements pour rassembler les associations autour du sport, pour que les gens soient ensemble, se connaissent, qu'ils se soient déjà croisés. Comme ça, au moment où il y aura des difficultés, on pourra se dire “Ah oui, je me souviens, c'est avec lui que j'ai fait ça”, “Ah, c'est mon voisin, on a fait un repas de quartier”. Parce que, quand il y aura du bazar, c'est le lien qui va faire qu'on va le traverser un peu mieux que si on est chacun dans son coin.

J'imagine aussi que si on est rationnés en énergie, ça fera un frein sur notre façon de fabriquer de l'effet de serre. Petit à petit, la Nature reprendra ses droits et ça se rééquilibrera peu à peu entre l'Humain et la Nature. Et que l'Humain reprendra sa juste place au sein de la Nature.

Est-ce qu’il y a des personnes qui t’inspirent ?

Luis Ansa. Henri Gougaud raconte sa vie dans Les sept plumes de l'Aigle. Luis Ansa est un chaman amérindien qui est venu en France et qui a transmis une voie spirituelle, La voie du sentir. J’ai suivi plusieurs de ces stages. Il dit que toutes nos sensations nous donnent des informations sur nous, mais nous donnent aussi un rapport à l'extérieur très sensible. Et que, de cette façon-là, on peut entrer en communication avec les arbres, les animaux, les éléments, etc. Quand on est dans un environnement de nature et avec les autres humains, il y a une sorte de transcendance, on déploie une connexion au-delà de nous-mêmes. On se sent en lien avec plus grand que nous.

Je suis aussi très inspirée par Rémi Geffroy, compositeur et accordéoniste. Quand j'écoute ce qu'il fait, c’est fou ce que ça me fait. Au début, j'ai beaucoup dansé, de la danse intuitive. Ça me mettait dans des états incroyables, ça me traversait.

Y a-t-il des choses dont on n’a pas parlé et que tu souhaiterais ajouter ?

Je me retrouve bien dans le concept de l'écologie radicale. C’est un concept très récent qui est la combinaison de l'écologie profonde, qui considère que les Humains appartiennent à la grande toile de la vie comme le reste du vivant, et l'écologie sociale qui traite de la problématique des dominations et des privilèges.

Pour l’écologie radicale, atteindre un monde durable et socialement juste passera par une transformation des conditionnements qui imprègnent les différents aspects de nos vies, que ce soit dans nos consciences individuelles ou dans la société elle-même.

Merci Émilie, je te souhaite bonne route et bon cheminement.

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