Quentin, de biologie végétale en laboratoire au maraîchage bio en écolieu

Par Claire le 22/03/2022 dans Ils se sont mis en mouvement

“Fouiller une question en l’étudiant sous tous les angles. Ne pas absorber simplement ce qu’on nous a dit mais questionner et multiplier les sources d’informations”

Bonjour Quentin, tu fais actuellement une thèse en biologie sur les champignons mycorhiziens, ces champignons qui entrent en symbiose avec les racines des plantes. Peux-tu m’en dire un peu plus et expliquer ce qui t’a amené à choisir ce domaine ?

J'ai eu un parcours des plus classique. Après le bac, j'ai continué dans les études supérieures, à la fac, jusqu'à un master en biologie. La licence, c'est assez général mais j’ai choisi une option qui était une initiation à la recherche en biologie végétale. Cette option a duré 5 mois et, toutes les semaines, on allait une journée au laboratoire et on faisait des expérimentations en lien avec un sujet qu’on avait choisi et en bénéficiant des conseils de l’enseignante-chercheur responsable de l’option. Ce travail de recherche expérimentale m'a tout de suite passionné.

C’est cela qui explique ta spécialisation dans les plantes ?

Pas uniquement. Dès ma jeunesse, j'ai eu des questionnements sur la place de l'Homme et sur le fait que tout gravite autour de l'espèce humaine. Par exemple, on connaît beaucoup de choses sur les animaux, et on en sait d’autant plus qu’ils ressemblent à l’Homme. Les plantes, les bactéries, les champignons, c'est très peu représenté dans le savoir “commun”.

Ensuite, à l'université, j’ai découvert les interactions entre les plantes et d'autres éléments dont les bactéries et les champignons. Il peut s’agir de relations dites néfastes, amenant à des maladies, ou de relations dites plus positives, appelée la symbiose, lorsque deux espèces “s'entraident” pour mieux vivre. Dans les deux cas, une étroite communication a lieu. Au cours de mon cursus, j’ai fait plusieurs stages de recherche expérimentale autour de la symbiose entre des plantes et des microorganismes: des bactéries et  des champignons.

Et c’est donc tout naturellement que tu as continué en thèse sur ce sujet.

Pas tout à fait naturellement, non ! Toutes ces réflexions scientifiques me passionnaient, mais je me suis rendu compte que la science comme on l'entend aujourd'hui ne me convenait pas pour plusieurs raisons. J’ai donc décidé de prendre deux ans d’années sabbatiques. Je suis parti un peu plus d'un an en Amérique du Sud où j’ai fait complètement autre chose ce qui m'a permis de prendre du recul. En rentrant, un peu malgré moi, j'ai décidé de faire une thèse, pour boucler la boucle et aussi pour voir comment construire un sujet de recherche sur trois ans et avoir une idée plus précise du fonctionnement des laboratoires de recherches et de la science en générale.

Mon sujet de thèse porte sur les champignons mycorhiziens. La symbiose entre les plantes et ces champignons est la symbiose la plus présente sur Terre. L'intérêt de ce sujet, majoritairement fondamental, est de comprendre comment la communication entre ces organismes fonctionne au niveau moléculaire. Outre l’apport de connaissance, la compréhension des mécanismes sous-jacents à la communication des plantes pourrait permettre de replacer les écosystèmes au centre de nos questionnements et sortir de la vision très humano-centrée de la recherche.

Photo prise et choisie par Quentin

A l’issue de ta thèse, tu n’as  pourtant pas le projet de continuer dans cette voie. Peux-tu m’expliquer pourquoi ?

Il y a 3 raisons. La première raison est d’ordre écologique. Au cours de ma thèse j’ai pas mal questionné l’importance de la science vis à vis de la crise climatique que nous vivons. Nos recherches coûtent énormément d’un point de vue énergétique. Mais ce qui fait le plus peur c’est les effets rebond de l'impact de certaine découverte et la sur-utilisation du solutionnisme technologique mis en avant par les politiques et les industries.

Concernant le côté scientifique, je suis vraiment passionné par la science, les questionnements que ça peut amener et je pense que c'est nécessaire d'en faire à un certain niveau. Mais le fonctionnement de la science actuelle ne me correspond absolument pas. Aujourd'hui, c'est une science très compétitive, on n’est plus du tout dans l'entraide ou la recherche de la compréhension. Par exemple, dans le monde, il y a plusieurs équipes qui travaillent exactement sur la même chose, qui ont des données qu'ils ne partagent pas parce qu'on est noté sur la production scientifique. Il faut publier le plus rapidement possible parce que, sinon, d'autres équipes vont publier le même travail que nous et on va passer en second plan. La science aujourd'hui est très productiviste.

Pour exister, un scientifique doit publier, ce système de publication m'horrifie Pour résumer le schéma classique, les travaux effectués dans des laboratoires de recherche publique sont soumis à publication dans des revues scientifiques spécialisées, bien entendu payante. Nos travaux sont soumis à relectures par des pairs, c'est-à-dire que d’autres scientifiques du domaine relisent nos travaux bénévolement et en valident la validité scientifique. Il existe un nombre démesurable de revues qui sont notées les unes par rapport aux autres. Chaque revue à donc un score avec lequel les scientifiques seront notés pour chaque article publié. Cette revue par les pairs est extrêmement importante même si, dans certains domaines où le nombre de scientifiques travaillant sur le sujet est restreint, cela peut amener à des petits arrangements.

Il y a donc une sélection par l’argent des publications scientifiques.

Tout à fait car, ensuite, quand l’article sera accepté et publié dans la revue, il faudra encore payer pour pouvoir le lire ! L'État français, via ses organismes de recherche, a des abonnements pour nous permettre de lire notre propre travail dont on a payé pour qu'il soit reviewé ! Comme c’est cher, certains pays n’ont pas accès à certaines revues. C'est très inégalitaire et cela va aussi restreindre la possibilité d'avoir des chercheurs qui pensent un peu différemment. Ce système-là, je ne voulais pas y participer.

La troisième raison qui fait que je n'ai pas envie de continuer dans la recherche, c'est tout simplement parce que c'est un travail de passionné, qui prend un temps fou et une énergie folle, où il est très difficile de s'arrêter de réfléchir à ce qu'on fait au laboratoire. De nombreuses personnes savent qu’elles travaillent trop et disent vouloir lever le pied. Mais elles n’y arrivent pas parce qu'elles sont engagées dans une machine intellectuelle. Et ça, ça fait peur.

Que penses-tu donc faire après ta thèse, du coup ?

Je travaille sur les champignons et sur les plantes mais c’est en laboratoire. J’ai très envie de retourner un peu à la terre et de faire pousser vraiment les choses. L'idée est de monter une exploitation de maraîchage. Actuellement, je ne suis pas formé au maraîchage. A l'issue de ma thèse, je vais me former et on espère s’installer assez rapidement (dans les deux ans).

Tu parles d’écolieu, vous serez combien dans ce projet ?

On serait cinq, deux maraîchers et trois autres personnes. Le maraîchage ne serait pas la seule activité sur le lieu. Sur le long terme, on souhaiterait avoir différents modules. Il faut qu’on en discute encore mais on pourrait penser à accueillir des personnes défavorisées ou en réinsertion ; organiser un module de vulgarisation, d'accueil, potentiellement d'écoles, un peu comme une ferme pédagogique. Pourquoi pas avoir un espace pour faire des séminaires ou des petits festivals sur trois jours pour essayer de rencontrer des gens. Toutes les options sont encore ouvertes. La priorité est d’avoir une base solide avant de pouvoir réfléchir à “diversifier” nos activités.

On est vraiment dans l’état d'esprit de vivre avec le lieu où on sera situé, de ré-ouvrir cette richesse sociale qu'on a perdue, avec des horizons différents, des vécus différents, des vies différentes, un intellectuel différent. Retrouver cet échange qu'on a énormément perdu, où chaque caste ne parle qu’à sa caste sociale.

Photo prise et choisie par Quentin

Pourquoi ce type d’actions, créer un écolieu de maraîchage bio, et pas d’autres formes d’actions ?

Vivre dans cette ferme, c'est tout à fait lié avec cette idée de se rapprocher à la terre et de vivre d'une façon assez saine et de diminuer au maximum l'impact que je pourrais avoir sur cette Terre.

Pour moi, c'est essentiel de lier les réflexions intellectuelles que j'ai pu avoir et de passer à l'acte. Par exemple, j’ai arrêté de prendre l'avion. Sur mon alimentation, j’ai drastiquement diminué la viande, j’ai une alimentation en circuit court, au maximum local, de saison. J'ai arrêté le café, le thé pour des questions écologiques, la banane par rapport au chlordécone et la question sociale qui est derrière. Tous les fruits exotiques. Je mange très rarement du chocolat pour ces raisons[1].

J’ai aussi participé à des actions de vulgarisation autour de ces idées. Par exemple, pendant ma thèse, j'ai eu la chance de participer à monter une formation pour les doctorants sur les questions environnementales, l'impact de la science sur la crise climatique, ainsi qu'un questionnement fort sur les sujets de thèse des étudiants

As-tu ressenti des freins à ton action ?

Des interrogations en tout cas. Notre projet, à la fois je trouve ça beau et juste, mais parfois je trouve ça très égoïste. Parce que j'ai grandi en France et qu’aujourd'hui, avec mon salaire de thésard, je fais partie des 1 % des personnes les plus riches sur Terre. Du coup, j'ai le temps d'avoir maturé ces idées, d'avoir ces belles idées humanistes, de choisir d’aller dans une ferme et, au final, d'être chez moi. Je me dis que c'est peut-être juste le bonheur personnel que je cherche et pas du tout une prise de conscience autours des questions écologiques. C'est un peu les contradictions que j'ai en ce moment.

Oui, mais se sentir bien un minimum, c'est important aussi pour être en capacité de faire du bien autour de soi.

Sinon, pour revenir au début, comment s'est passée ta prise de conscience écologique ?

C’est arrivé dès 14-15 ans. Avec des amis, j’ai commencé à avoir des réflexions sur plein de points divers et variés, un peu politiques, un peu idéologiques, sur la place de l'Homme, sur la science, etc. Forcément, il y avait souvent des réflexions sur des aspects ayant trait à l’écologie.

Très tôt, j'ai commencé à réfléchir un peu différemment. C'est une qualité que j’ai, et aussi un désavantage ! Typiquement, je vais fouiller une question en essayant de la prendre sous tous les angles. A chaque fois, je me posais des questions sur la légitimité de ce qu’on me racontait et j'allais regarder. Et je me rendais compte que, en fait, ça n'était absolument pas si simple que ce que la personne m’avait dit. J’ai souvent été associé au mec qui dit non, qui n’est jamais d’accord, qui fait chier quoi. J'ai commencé à me poser plein de questions sur l'environnement, l'écologie, la pollution, mais aussi les questions sociales qui étaient liées. J’ai écouté pas mal de podcasts, j’ai lu pas mal de livres. Ensuite, à la fac, il y a eu toute la maturation des idées qui s'est faite avec des débats, avec des amis ou des gens que je rencontrais dans des soirées.

Ces questionnements ont continué en thèse : quand on prend le bilan carbone d'une thèse en science expérimentale, c'est désastreux ! On utilise beaucoup de produits chimiques qui nécessitent beaucoup d'énergie à produire, qui engendrent beaucoup de pollution. Et une quantité de plastique aussi assez folle parce que, dans mon domaine, on travaille généralement dans des conditions stériles. Il faut que ce soit propre et donc jetable. On génère aussi des quantités monstrueuses de données qu’on n’exploite pas suffisamment. Aujourd'hui, en sciences, on assiste aux mêmes dérives de surproduction et de surconsommation que dans le reste de la société.

Comment l'as-tu gérée cette prise de conscience ?

C'est compliqué à dire parce que je ne sais pas. Tout simplement ! Du fait de mon questionnement permanent, j'étais toujours dans la contradiction de ce qu’on me disait. Donc, forcément, ça a amené beaucoup de frustration, de colère et d'incompréhension. Pas tant par rapport aux aspects environnementaux que par rapport au faible intérêt social concernant mes interrogations.

Quand tes amis te disent “Mais arrête de te poser ce genre de questions, tu te bouffes la vie, on s'en fout, c'est pas à toi de te poser des questions” ou “De toute manière, ça ne changera rien” ou “On n’a aucun impact”, tu as l'impression d'être dépassé et tu te dis “Et ben merde, en fait, on est tous foutu”. Mais forcément tu passes pour le défaitiste !

Comment la gères-tu encore actuellement ?

Maintenant je suis exactement dans le même état d'esprit ! Parce que j'en parle à beaucoup de gens et, encore une fois, je me rends compte, qu'en réalité, on est très peu à se poser ces questions écologiques. Il y a de plus en plus de personnes qui le font, en tout cas dans mon cercle social, mais, c'est très innocent en fait. Les personnes savent qu’il y a un réchauffement climatique mais ne réalisent pas vers quoi on tend. C'est “Oui, je sais, je fais des efforts, je trie mes déchets, j'essaie d'acheter bio quand je peux ou le plus local possible”. Donc je suis toujours dans une rupture complète avec certaines personnes de mon entourage.

La prise de conscience environnementale et climatique est souvent assez tabou, il est souvent difficile d’en parler à ses proches. Cela a-t-il été ton cas ?

Je suis rentré dès l’adolescence dans le combat mais sans aller au clash. Vers 23 ans, je me suis rendu compte à quel point ce qui nous arrive est désastreux et j'ai commencé à agir plus fortement, à arrêter certains aliments par exemple. Mes parents n’étant pas du tout dans la compréhension des problèmes écologiques me faisaient des réflexions. Comme ça me saoulait, j’ai été un peu en rupture avec eux mais ça n'a jamais été violent, il n'y a jamais eu de dispute. Maintenant, je suis content parce qu'ils font des efforts, même si c’est plus par désir de faire plaisir à leurs fistons que par réelles convictions. Et ça, je trouve ça cool parce que, petit à petit, ils se rendent compte que, même en ayant un comportement plus écologique, leur vie est aussi bien.

As-tu eu la crainte de perdre des amis ou de te marginaliser par rapport à eux ?

Avec certains amis, ça a été top parce qu'on avait une liberté de dialogue et de débat assez dingue. Avec d’autres, ça a été un peu plus compliqué parce que leur priorité, c’est l’Homme et le développement. L'écologie passe donc souvent au second plan.

Photo prise et choisie par Quentin

Avec tes proches qui n’ont pas la même prise de conscience que toi, comment le gères-tu ?

J’ai longtemps essayé de convaincre. En réalité, je dois reconnaître que j’étais surtout dans cette vision très classique du coq qui dit “Je suis le meilleur, j'ai raison”. Je suis complètement sorti de ce schéma d'essayer de convaincre, ou en tout cas j’essaye d’en sortir, parce que ça n'est pas efficace. C'est toujours compliqué parce que c'est de l’émotif qui sort et que ça me tient à cœur de faire changer les choses.

J'essaye donc d’être très factuel en disant “Voilà ce qui va se passer. On le sait, c'est basé sur de la science”. L’idée derrière cette façon de faire, c’est “Maintenant, tu as des informations. Fais ton travail personnel par rapport à ça”, même si je ne l’exprime pas ouvertement. Comme ma tendance naturelle est de tout questionner, quand on discute, j’essaye aussi souvent d’amener l’autre à ne pas absorber simplement ce qu’il a lu ou ce qu’on lui a dit mais à se poser des questions et à multiplier les sources d’informations.

Qu’est-ce que ta mise en action a changé pour toi et autour de toi ?

Déjà, je pense que, personnellement, je tends beaucoup plus vers le bonheur en ayant toutes ces idées, cette prise de conscience et cette action. Parce que c'est en accord avec moi-même. Je me trouve plus “serein”, aussi parce que je me connais mieux. Après, je suis toujours autant en colère et désespéré mais différemment.

Qu'est-ce que ça apporté autour de moi ? C'est difficile à dire. J’essaye qu’on sorte de cette complainte permanente qu’on peut avoir dans notre société. Et donc, j’essaye de faire le bien autour de moi, ou ce que je considère être le bien. J’essaye de me poser des questions sur l'impact de ma vie par rapport à autrui. Peut-être que ça ne se voit pas dans la vie de tous les jours, et ça ne se voit sûrement pas dans la vie globale de la Terre, mais il faut se ramener à sa propre échelle.,

Est-ce qu’il y a des choses que tu pensais indispensables à ton bonheur et dont tu réalises aujourd’hui que ça n’est pas le cas ?

Ça, je pense que ça sera surtout après parce que mon schéma de vie n'a pas vraiment changé depuis 28 ans. Je pense que je saurai ce qui me manque une fois que je serai à la ferme. Je peux déjà dire que l’avion ne me manque pas puisque c’est le seul choix un peu draconien que j’ai pu faire.

Qu’est-ce qui te met en mouvement aujourd’hui ? Comment imagines-tu l’avenir ?

Ce qui me met en mouvement, c’est cette utopie de vivre en communauté, où on fait pousser nos légumes, où on a les modules d'accueil, de discussion, de partage et on dégage du temps pour faire autre chose. Essayer de diminuer tous les hobbies qu'on peut avoir aujourd'hui qui sont au final assez faux et hypocrites. En fait, je me vois dans un endroit assez joli, avec plein d'arbres et plein de plantes, en train d'aller chercher les champignons à 6h du matin, de prendre ensuite le temps de discuter avec les gens et de regarder le soleil qui se lève, d'écouter de la musique, de faire un feu de cheminée le soir, et de se poser. Donc voilà ça ressemble un peu à ça.

Est-ce qu’il y a une personne qui t’inspire ou qui t’a inspiré ?

Je pense que j'ai été inspiré, comme tout le monde. Mais il n'y a pas eu une personne en particulier qui a transformé mes réflexions parce que, très rapidement, je suis allé regarder beaucoup de choses différentes. C'est sûr que mon entourage, les personnes avec lesquelles j'ai beaucoup discuté, ont eu un grand impact de réflexion. Pas tant des personnes médiatiques que des discussions avec ces personnes.

As-tu un livre instructif ou inspirant à conseiller, pourquoi celui-là ?

Je n’ai pas de livre particulier à conseiller. Souvent, je vais lire ou écouter quelque chose et, pendant 10 jours, je ne vais jurer que par ça. Et puis, petit à petit, tu oublies même d'où ça vient. Tu construis ta propre idée. Et puis, tu le relis plus tard et tu te rends compte qu’il y a des points que tu partages, d'autres pas forcément.

Merci Quentin. Je te souhaite bonne route et bon cheminement.


[1] D’où le regard un peu culpabilisé de ma part sur mon chocolat chaud !

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