Trouver un sens à sa vie après la prise de conscience

Par Claire le 14/06/2020 dans Prise de conscience

Pour nous aider à sortir de l’éco-anxiété, (re)trouver un sens à sa vie est un moyen salutaire. On peut se demander ce qui est important pour nous. De quoi nous avons besoin. Ce qui nous rend véritablement heureux. La question concerne les objets matériels ou numériques mais aussi nos besoins psychologiques et ce qui fait sens pour nous. Pour nous y aider, comme proposé par Charline Schmerber dans sa vidéo “Opportunités et cadeaux de l'effondrement”, nous pouvons réfléchir à ce que notre prise de conscience nous a apporté comme points positifs, ce qu’elle nous a permis de gagner.

Finalement, qu’est-ce qui me rend heureux ?

Ce questionnement sur ce dont nous avons réellement besoin et qui nous rend véritablement heureux présente des intérêts multiples : il va permettre qu’on se recentre sur soi et de se sentir mieux, plus en accord avec soi-même. Il amènera aussi certainement un changement dans notre mode de vie, moins destructeur pour la planète. Par ricochet, il pourra inciter les personnes autour de nous à faire de même, pouvant amener ainsi à un véritable projet de société. Donc, si le but premier est de se sentir mieux, le but ultime est d’être apaisé pour être à même d’agir et être capable d’amener d’autres personnes à se mobiliser elles aussi activement pour préserver au mieux notre planète.

Du point de vue matériel, on peut questionner notre rapport aux objets. On s’interrogera particulièrement sur leur accumulation et leur consommation. Dans un contexte anxiogène où l’on craint la qualité de notre vie de demain, l'accumulation d’objets peut en effet donner une sensation de maîtrise de son futur. Réussir à se contenter de moins, à arrêter l’accumulation peut aider à restaurer la confiance en soi lorsqu’on réalise qu’on s’en sort même lorsqu’on a moins.

L’hyper-consommation des objets numériques (Internet, réseaux sociaux, jeux vidéos…) ou les nombreuses activités dont on remplit nos vies nous permettent souvent de ne pas affronter le quotidien, de ne pas prendre le temps de se poser ce qui laisserait de la place pour que notre angoisse s’exprime. Dans mon cas (voir aussi “A propos”), pas étonnant que l’éco-anxiété me soit tombée dessus lorsque, dans une période de 6 mois, j’ai arrêté d’aller voir quasi-quotidiennement mon cheval et que j’ai terminé mes études de psychologie que je menais en parallèle de ma vie familiale et professionnelle ! J’arrêtais de courir et mon cerveau “a eu le temps” de se poser et de laisser remonter une angoisse sourde que j’avais réussi à maintenir tapie sous un emploi du temps de ministre.

Notre introspection sur nos besoins concerne aussi nos besoins psychologiques et émotionnels. Qu’est-ce qui fait sens pour nous ? Qu’est-ce qui nous met en mouvement ? Où se situe notre élan vital ? L’urgence climatique et la crainte de lendemains qui ne chanteront peut-être pas comme aujourd’hui est l’occasion de nous questionner sur nos valeurs, sur ce qui est important pour nous. Est-ce que notre vie est en concordance avec ces valeurs ? Cela peut être l’occasion de de se tourner vers de nouveaux projets, plus en accord avec nos désirs profonds, de sortir d’une dissonance cognitive que nous vivons peut-être entre notre travail, notre mode de vie et la conviction que nos modes de vie occidentaux ne sont plus viables pour notre planète.

Ne pas se précipiter pour aller plus loin

Dans cette étape, une des choses les plus difficiles est de prendre le temps. Le temps de s’écouter, le temps de vivre l’instant présent pour mieux comprendre ce qu’on veut faire de notre demain, le temps traverser le tsunami de la prise de conscience même si cela implique de rester pour un temps dans une phase de noirceur où on considère que tout est fichu. Résister à l’envie de se lancer à corps perdu dans le premier projet potable qu’on voit passer, pour retourner enfin dans l’action et faire taire notre angoisse. Accueillir cette angoisse comme une occasion de se poser et de restaurer une vision à court terme, de se recentrer sur soi pour, en final, se retrouver, s’accepter et s’engager dans des projets correspondant à notre élan vital et qui nous mobiliseront profondément.

Cette période momentanée de focalisation sur des actes du temps présent va permettre de réduire nos angoisses liées au futur, de sortir d’une logique d’urgence panique, de ne plus avoir de  sentiment d’incapacité face à l’ampleur de ce qu’il faudrait faire et ainsi de restaurer un sentiment de contrôle sur les événements.

La reconnexion avec soi-même passe aussi par le fait d’arrêter de courir, d’accepter l’inaction sans essayer de combler les moments laissés vides. Cette acceptation de l’inaction doit permettre de prendre le temps d’être, avec ses amis, avec sa famille, avec soi. De se tourner vers des valeurs simples comme l’entraide ou l’action désintéressée envers l’autre. Cela permet de créer des liens qui font qu’on se sent moins seul face à l’incertitude du lendemain. On se sent alors mieux armé, avec les autres à ses côtés, pour affronter ce qui nous angoisse.

Les bienfaits de prendre le temps d’être sans agir peuvent être renforcés dans la nature. Pour soulager une partie des angoisses liées à l’éco-anxiété, les spécialistes de l’éco-psychologie recommandent en effet une mise en valeur de la richesse de la nature et une reconnexion avec elle.

Se faire aider si besoin

Entreprendre seul un travail sur soi n’est pas toujours facile, notamment si l’angoisse est trop forte, il ne faut pas alors hésiter à se faire aider en allant voir un psychothérapeute en individuel ou en séances de groupe (voir ici pour l’intérêt de ces séances).

En résumé

Pour nous aider à sortir de l’éco-anxiété et remettre du sens dans notre vie, on peut commencer par se demander ce qui est important pour nous. C’est-à-dire identifier ce qui est important pour nous du point de vue matériel, concernant le numérique, passer au crible nos activités mais, aussi, connaître et accepter nos besoins psychologiques et émotionnels.

Afin que ce retour sur nous-même nous conduise vers ce qui nous correspond réellement, il faut consentir à prendre le temps, le temps de l’introspection, le temps d’être, avec ses amis, avec sa famille, avec soi. Se tourner vers un groupe de parole peut être salutaire à ce stade (voir ici pour l’intérêt de ces séances).

Il sera temps ensuite de se mobiliser en agissant ou en en parlant autour de soi.

Des questions, remarques, commentaires ? N'hésitez pas à m'écrire à claire@psychologie-et-climat.fr.